Les temps composés : passé composé et plus-que-parfait
« il a mangé », « il avait mangé ». Même verbe, même participe, même sujet : un seul mot a changé, et pourtant le récit a reculé d'un cran. Ce mot, c'est l'auxiliaire — la première des deux caisses.
À quoi ça sert ?
Le passé composé est le temps du passé que l'on parle. Dans un message, au téléphone, en racontant sa journée, personne ne dit « je partis » : on dit « je suis parti ». Et dès qu'on veut expliquer pourquoi quelque chose est arrivé, le plus-que-parfait s'invite tout seul — « je suis arrivé en retard, le bus était déjà passé ». Deux temps qu'on emploie tous les jours sans y penser : la 6e les nomme et apprend à les écrire.
Un peu d'histoire
« J'ai mangé » a d'abord voulu dire « je possède quelque chose de mangé ». En latin, « habeo epistulam scriptam » signifiait « je tiens une lettre écrite » : « écrite » était un adjectif, et il s'accordait avec « lettre ». Le tour est devenu un temps, mais l'accord est resté quand le complément passe devant — « la lettre qu'il a écrite ». La règle la plus détestée du français est le fossile d'une phrase latine.
Définition
Un temps composé se forme en deux parties : un auxiliaire — être ou avoir — conjugué, suivi du participe passé du verbe. L'auxiliaire porte le temps et la personne ; le participe porte le sens. Quand l'auxiliaire est au présent, on obtient le passé composé : « il a mangé ». Quand il est à l'imparfait, on obtient le plus-que-parfait : « il avait mangé », qui raconte une action passée AVANT une autre action passée.
Propriétés
Deux parties, jamais une
Un auxiliaire conjugué, puis un participe passé. Le participe seul n'est pas un verbe conjugué.
L'auxiliaire AVOIR
C'est le cas le plus fréquent : manger, regarder, finir, prendre, voir se conjuguent avec avoir.
L'auxiliaire ÊTRE
Les verbes de déplacement — aller, venir, partir, arriver, tomber — se conjuguent avec être.
Avec être, le participe s'accorde
Il suit le sujet comme un adjectif : « Elles sont arrivées ». Avec avoir, il ne le suit pas.
L'auxiliaire recule d'un cran
Au présent il donne le passé composé ; à l'imparfait, le plus-que-parfait. Le participe, lui, ne change pas.
Un passé avant le passé
Le plus-que-parfait dit ce qui avait déjà eu lieu quand l'histoire commence.
La formule
Les deux temps composés du programme.
auxiliaire au présent → passé composé · à l'imparfait → plus-que-parfait
Un seul mot change entre les deux. « il a mangé » : l'auxiliaire « a » est au présent, l'action est un passé ordinaire. « il avait mangé » : l'auxiliaire « avait » est à l'imparfait, et l'action recule avant un autre moment du passé. Le participe, lui, ne bouge jamais d'un temps à l'autre.
1. Je choisis l'auxiliaire
Verbe de déplacement ou pronominal ? c'est être. Tous les autres ? c'est avoir.
2. Je conjugue l'auxiliaire, pas le verbe
Présent pour le passé composé, imparfait pour le plus-que-parfait. Le participe ne bouge pas.
3. Je regarde s'il faut accorder
Être : j'accorde avec le sujet. Avoir : seulement si le COD est placé avant le participe.
Selon ce que l'on cherche
Raconter ce qui est fini
« J'ai fini mes devoirs » : l'action est terminée, et elle compte encore maintenant.
Reculer d'un cran
« Il était déjà parti quand je suis arrivé » : le départ précède l'arrivée.
Accorder, ou non
Être : « Elles sont arrivées ». Avoir sans COD devant : « Elle a mangé », rien n'est ajouté.
Exemples corrigés
Reconnaître un temps composé
« J'ai fini mes devoirs. » face à « Je finissais mes devoirs. »
Laquelle des deux phrases est à un temps composé, et à quoi le voit-on ?
La première. « ai fini » s'écrit en deux mots : l'auxiliaire « ai » plus le participe passé « fini ». « finissais » est un seul mot, donc un temps simple — l'imparfait. Le test est visuel avant d'être grammatical : un temps composé, ça se compte en mots.
Choisir l'auxiliaire
« Ils ___ partis en vacances. » et « Nous ___ mangé une pomme. »
Quel auxiliaire faut-il dans chaque phrase ?
« Ils SONT partis » et « Nous AVONS mangé ». « partir » est un verbe de déplacement : il prend être. « manger » ne l'est pas : il prend avoir. Et comme « partir » prend être, son participe s'accorde avec le sujet — d'où le « s » de « partis ».
Accorder avec être
« Elles sont arrivé___ à l'heure. »
Quelle terminaison faut-il ?
« arrivées ». L'auxiliaire est « sont », donc être : le participe s'accorde avec le sujet « Elles », féminin pluriel. Avec être, il n'y a pas d'autre question à se poser — on ne cherche même pas de complément.
Le plus-que-parfait
« Quand je suis arrivé, il ___ déjà parti. »
Faut-il « est » ou « était » ?
« était ». Les deux actions sont passées, mais le départ a eu lieu AVANT l'arrivée : il faut reculer d'un cran, donc mettre l'auxiliaire à l'imparfait. « il est parti » raconterait un simple passé, sans dire lequel des deux vient en premier.
Le défi
« La lettre qu'il a écrit___ est arrivée. »
Faut-il accorder le participe, et pourquoi ?
« écrite ». L'auxiliaire est « a », donc avoir : on ne regarde pas le sujet, on cherche le complément d'objet direct. Ici c'est « qu' », qui reprend « la lettre » et se trouve AVANT le participe. Le COD est devant : on accorde, au féminin singulier. S'il était derrière — « il a écrit une lettre » —, on n'écrirait rien.
Pièges à éviter
- Choisir l'auxiliaire au hasard : « il a tombé » n'existe pas. Les verbes de déplacement — aller, venir, partir, arriver, tomber, entrer, sortir — se conjuguent avec être, et tous les verbes pronominaux aussi.
- Oublier l'accord avec être : « Elles sont arrivé » est faux. Avec être, le participe se comporte comme un adjectif et suit le sujet — « Elles sont arrivées ».
- Confondre « il a fini » et « il avait fini » : le premier est un passé ordinaire, le second recule d'un cran, avant un autre moment du passé. C'est l'auxiliaire, et lui seul, qui fait la différence.
- Écrire le participe à l'infinitif : « tu as regarder » se dit comme « tu as regardé » mais s'écrit autrement. Le test : remplace par « prendre » — « tu as pris » se dit, « tu as prendre » ne se dit pas.
À retenir
- Un temps composé s'écrit en deux parties : un auxiliaire (être ou avoir) conjugué, puis le participe passé du verbe.
- L'auxiliaire au présent donne le passé composé ; le même auxiliaire à l'imparfait donne le plus-que-parfait, qui recule d'un cran dans le passé.
- Avec être, le participe s'accorde avec le sujet ; avec avoir, il ne s'accorde qu'avec un COD placé avant lui.
Je m'entraîne
1. Un temps composé se forme avec…
Voir la correction
Un auxiliaire et un participe passé. Le programme le dit en toutes lettres : les temps composés « se composent en deux parties ». Ni deux infinitifs, ni un radical et une terminaison.
2. Quel auxiliaire pour « aller » au passé composé ?
Voir la correction
Être : « je suis allé ». Les verbes de déplacement — aller, venir, partir, arriver, tomber — se conjuguent avec être, et leur participe s'accorde donc avec le sujet.
3. « Vous ___ chanté une chanson. »
Voir la correction
« avez ». « chanter » se conjugue avec avoir, et l'auxiliaire s'accorde avec « vous » : vous avez. Le participe « chanté », lui, ne bouge pas — le COD « une chanson » est placé après.
4. « Il ___ déjà quand nous sommes arrivés. » (partir, plus-que-parfait)
Voir la correction
« était parti ». Plus-que-parfait = auxiliaire à l'imparfait + participe passé. Il dit ce qui a eu lieu AVANT un autre moment du passé — ici, avant notre arrivée.
5. « Nous ___ fini avant la pluie. » (plus-que-parfait)
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« avions ». « avons » donnerait le passé composé, « aurons » le futur : c'est bien l'imparfait de l'auxiliaire qui fait le plus-que-parfait.
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