La phrase complexe et ses subordonnées en 4e (2026-2027) — cours de français 4e
« Le vieux pêcheur répara longuement son filet déchiré » fait sept mots et une virgule de moins que « Il rentra, il posa son sac ». Et pourtant, la longue est SIMPLE et la courte est COMPLEXE. Ce n'est jamais la longueur qui décide : c'est le nombre de verbes conjugués.
À quoi ça sert : la phrase complexe et ses subordonnées en 4e (2026-2027)
C'est ce qui décide du sens d'un règlement ou d'un contrat. « Les élèves qui ont un mot d'excuse entreront » ne dit pas la même chose que « Les élèves, qui ont un mot d'excuse, entreront » : sans virgules, la relative trie — seuls ceux qui ont un mot entrent ; avec les virgules, elle ajoute une précision et tout le monde entre. Deux virgules, et la moitié de la classe reste dehors. Les juristes appellent cela une relative déterminative et une relative explicative, et des procès entiers se sont joués là-dessus.
Un peu d'histoire : la phrase complexe et ses subordonnées en 4e (2026-2027)
L'analyse en propositions vient des grammairiens grecs, mais c'est le latin qui lui a donné sa forme scolaire : la langue de Cicéron construit des phrases où six ou sept subordonnées s'emboitent, et les élèves romains apprenaient à les démonter avant de les écrire. Le français du XVIIe siècle a hérité de cette période longue — une phrase de Bossuet tient parfois une page. Au XIXe, Flaubert la casse volontairement en propositions courtes et juxtaposées pour imiter le rythme de la pensée, et au XXe, Céline la réduit à des éclats séparés par des points de suspension. Choisir de subordonner ou de juxtaposer n'est donc pas une question de correction : c'est un choix de style, et il s'entend.
Définition : la phrase complexe et ses subordonnées en 4e (2026-2027)
Chaque verbe conjugué ouvre une PROPOSITION. Une phrase qui n'en compte qu'un est simple ; deux ou plus, elle est complexe ; aucun, elle est non verbale. Dans une phrase complexe, les propositions se relient de trois façons : la juxtaposition les sépare par un signe de ponctuation, la coordination les relie par un petit mot, et la subordination en rend une dépendante de l'autre. Une proposition subordonnée n'est pas un morceau de phrase en trop : elle occupe la place d'un groupe, et elle en a la fonction — complément d'objet, complément circonstanciel, ou complément d'un nom.
Propriétés : la phrase complexe et ses subordonnées en 4e (2026-2027)
On compte les verbes CONJUGUÉS
Un infinitif ou un participe ne compte pas : « Il sortit pour acheter du pain » n'a qu'un verbe conjugué, donc une seule proposition.
Trois façons de relier, et une seule crée une dépendance
Juxtaposées ou coordonnées, les propositions restent à égalité : on peut couper la phrase en deux. Subordonnée, la seconde tombe toute seule.
Le point-virgule relie deux propositions entières
C'est son rôle syntaxique : plus fort que la virgule, moins fort que le point. Il juxtapose deux propositions qui pourraient vivre seules.
Cinq sortes de subordonnées, cinq indices
La conjonctive suit « que », l'interrogative indirecte rapporte une question, la relative a un antécédent, l'infinitive a un verbe à l'infinitif, la participiale un participe et aucun mot introducteur.
Les deux qu'on oublie toujours
L'infinitive et la participiale n'ont ni « que » ni pronom relatif — et ce sont bien des propositions : elles ont leur verbe et leur propre sujet.
Une subordonnée a une FONCTION
Elle occupe la place d'un groupe : objet du verbe, circonstanciel déplaçable, ou complément d'un nom. C'est cette place qu'on nomme.
Le pronom relatif a DEUX rôles à la fois
Il reprend son antécédent dans la principale, ET il occupe une fonction dans sa subordonnée. Les deux se cherchent séparément.
La formule : la phrase complexe et ses subordonnées en 4e (2026-2027)
Le test qui sépare la coordination de la subordination, à coup sûr.
je coupe après le petit mot : la seconde tient-elle debout ?
« Il rentra / et il posa son sac » : les deux tiennent. C'est de la coordination. « Il rentra / dès qu'il posa son sac » : « dès qu'il posa son sac » ne tient pas seule. C'est de la subordination — et le petit mot appartient à la subordonnée, pas à la principale.
Méthode : la phrase complexe et ses subordonnées en 4e (2026-2027)
1. Compter les verbes conjugués
Souligne chaque verbe conjugué. Un seul : phrase simple, tu t'arrêtes là. Deux ou plus : phrase complexe, tu continues.
2. Nommer le lien entre chaque paire
Regarde ce qui sépare deux propositions : un signe seul, c'est une juxtaposition ; un mot de liaison, une coordination ; un mot qui rend la seconde dépendante, une subordination.
3. Reconnaitre la sorte de la subordonnée
Cherche son mot introducteur. « Que » seul : conjonctive. Un relatif avec un antécédent : relative. Une question rapportée : interrogative indirecte. Pas de mot du tout : regarde le verbe, infinitif ou participe.
4. Donner sa fonction : remplacer par un mot
Remplace la subordonnée entière par « cela ». Si la phrase tient, c'est un COD. Si elle se déplace et s'efface, c'est un circonstanciel. Si elle suit un nom, elle le complète.
5. Trouver la fonction du relatif : poser la question DANS la subordonnée
Cache la principale et pose la question au verbe de la subordonnée. « Qui a répondu ? » → sujet. « Tu m'as prêté quoi ? » → COD. « J'ai grandi où ? » → circonstanciel de lieu.
Selon ce que l'on cherche : la phrase complexe et ses subordonnées en 4e (2026-2027)
Pour écrire : varier les liens
Trois propositions juxtaposées de suite donnent un rythme haché. Un « parce que » ou un « alors que » lie les idées et montre que tu raisonnes.
Pour lire : la subordonnée porte l'information
Dans un article, l'essentiel est souvent dans la subordonnée : « Le maire, qui n'était pas présent, a démenti. » C'est là qu'est le fait.
Pour ponctuer : le point-virgule est un outil, pas un ornement
Il lie deux propositions dont le rapport est évident sans mot pour le dire. Le point les sépare ; la virgule seule serait trop faible.
Exemples corrigés : la phrase complexe et ses subordonnées en 4e (2026-2027)
Simple ou complexe ?
« Quand la pluie cessa, nous sommes sortis. »
Cette phrase est-elle simple ou complexe ?
Deux verbes conjugués : « cessa » et « sommes sortis ». La phrase est donc COMPLEXE, avec deux propositions. Et « Quand la pluie cessa » ne tient pas debout toute seule : elle est subordonnée à l'autre.
Quel lien entre les propositions ?
« Il rentra, il posa son sac. »
Comment les deux propositions sont-elles reliées ?
Une virgule, et aucun mot de liaison : c'est une JUXTAPOSITION. Les deux propositions restent à égalité, et l'on pourrait mettre un point à la place de la virgule sans rien casser.
Coordination ou subordination ?
« Il rentra dès qu'il posa son sac. »
Le lien est-il une coordination ou une subordination ?
Coupe après « dès que » : « il posa son sac » tient debout, mais « dès qu'il posa son sac » ne tient pas. Le petit mot rend la seconde dépendante : c'est une SUBORDINATION, et il appartient à la subordonnée.
Le rôle d'un signe de ponctuation
« Le vent se leva ; les volets claquèrent. »
Quel est le rôle syntaxique du point-virgule ici ?
Il JUXTAPOSE deux propositions entières, sans mot de liaison. Son rôle est syntaxique, pas respiratoire : il unit deux propositions plus étroitement qu'un point ne le ferait, et sans nommer le rapport — ici, une conséquence.
Quelle sorte de subordonnée ?
« J'entends les oiseaux chanter au petit matin. »
De quelle sorte de proposition subordonnée s'agit-il ?
« Chanter » est à l'infinitif et il a son propre sujet, « les oiseaux » : c'est une proposition subordonnée INFINITIVE. Aucun mot ne l'introduit — c'est justement son indice, et c'est pourquoi on l'oublie.
La fonction de la subordonnée
« Je crois qu'il viendra demain. »
Quelle est la fonction de la proposition subordonnée ?
Remplace-la par « cela » : « je crois CELA ». La phrase tient, et « cela » est complément d'objet direct. La subordonnée est donc COD du verbe « crois ».
La fonction du pronom relatif
« La maison où j'ai grandi a été vendue. »
Quelle est la fonction du pronom relatif « où » ?
Cache la principale et pose la question au verbe de la subordonnée : « j'ai grandi OÙ ? » → « où », c'est-à-dire dans la maison. Le relatif est complément circonstanciel de LIEU dans sa subordonnée — et il reprend « la maison » dans la principale. Deux rôles à la fois.
Pièges à éviter : la phrase complexe et ses subordonnées en 4e (2026-2027)
- Compter les virgules au lieu des verbes conjugués : « Le vieux pêcheur répara longuement son filet déchiré » n'a qu'un verbe, donc une seule proposition, malgré sa longueur.
- Prendre un infinitif ou un participe pour un verbe conjugué : « Il sortit pour acheter du pain » ne compte qu'UNE proposition.
- Oublier l'infinitive et la participiale parce qu'aucun mot ne les introduit : ce sont pourtant des propositions, avec leur verbe et leur propre sujet.
- Confondre la SORTE d'une subordonnée et sa FONCTION : « relative » dit comment elle est faite, « complément du nom » dit la place qu'elle occupe.
- Donner au pronom relatif la fonction qu'il a dans la principale : on pose toujours la question au verbe de SA subordonnée, principale cachée.
- Croire que le petit mot appartient à la principale : dans « il rentra dès qu'il posa son sac », « dès que » fait partie de la subordonnée.
À retenir : la phrase complexe et ses subordonnées en 4e (2026-2027)
- Un verbe conjugué = une proposition. Un seul : phrase simple. Deux ou plus : phrase complexe. Aucun : phrase non verbale.
- Juxtaposition (un signe), coordination (un petit mot), subordination (une dépendance) — et seule la troisième empêche de couper la phrase en deux.
- Cinq sortes de subordonnées : conjonctive, interrogative indirecte, relative, infinitive, participiale.
- Une subordonnée a une fonction : remplace-la par « cela » pour la trouver.
- Le pronom relatif a deux rôles : il reprend son antécédent, et il occupe une fonction dans sa subordonnée.
Exercices corrigés : la phrase complexe et ses subordonnées en 4e (2026-2027)
1. « Quel silence dans la cour ! » Simple, complexe, ou non verbale ?
Voir la correction
Non verbale : aucun verbe conjugué.
2. « Il pleuvait, mais personne ne rentrait. » Quel lien relie les propositions ?
Voir la correction
Une coordination : « mais » relie deux propositions à égalité, et il les oppose.
3. « Je me demande s'il viendra demain. » Quelle sorte de subordonnée ?
Voir la correction
Interrogative indirecte : une question rapportée, sans inversion ni point d'interrogation.
4. « Le repas terminé, nous sommes sortis. » Quelle sorte de subordonnée ?
Voir la correction
Participiale : son verbe est au participe, elle a son propre sujet, et aucun mot ne l'introduit.
5. « Il partit parce que la nuit tombait. » Quelle est la fonction de la subordonnée ?
Voir la correction
Complément circonstanciel de cause : elle dit pourquoi, et elle peut passer en tête de phrase.
6. « L'élève qui a répondu avait raison. » Quelle est la fonction du pronom relatif ?
Voir la correction
Sujet du verbe de la subordonnée : c'est « qui » qui a répondu.
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