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Français5eFiche de cours

Le discours direct et le discours indirect (2026-2027) — cours de français 5e

« Il dit : « Je pars demain. » » et « Il dit qu'il part le lendemain. » : les mêmes paroles, le même personnage, la même information. Entre les deux, quatre choses ont bougé — les guillemets, le pronom, le temps du verbe et le mot « demain ». Savoir passer de l'une à l'autre, c'est toute la notion.

Mots clésDiscours direct, discours indirect, verbe de parole, incise
Le secretQui parle : le personnage, ou le narrateur ?
OutilChercher les guillemets, sinon chercher le « que »

À quoi ça sert : le discours direct et le discours indirect (2026-2027)

C'est la différence entre citer quelqu'un et le résumer — et elle se joue tous les jours. Quand un journal écrit entre guillemets ce qu'une personne a dit, il s'engage : le moindre mot changé à l'intérieur des guillemets est une faute professionnelle, et c'est pour cela qu'on peut vérifier une citation. Hors des guillemets, le journaliste rapporte, donc il interprète. Même chose dans un message : « Il m'a dit : « J'arrive » » n'est pas « Il m'a dit qu'il arrivait » — la première rapporte une promesse, la seconde la met à distance. Repérer les guillemets d'un texte, c'est savoir quelles phrases appartiennent à quelqu'un et lesquelles appartiennent à celui qui écrit.

Un peu d'histoire : le discours direct et le discours indirect (2026-2027)

Le mot « guillemet » vient d'un prénom : celui de Guillaume Le Bé, graveur de caractères parisien du XVIe siècle, à qui l'on attribue le signe. « Guillemet », c'est « petit Guillaume ». Chaque langue a ensuite choisi sa façon de citer : l'anglais met des apostrophes doubles autour de chaque réplique, l'allemand ouvre ses guillemets en bas, et le français, lui, préfère le tiret de dialogue — un signe qui ne se referme jamais, et qui laisse le lecteur suivre l'échange à la seule alternance des lignes. Quand tu lis un roman français, les répliques sont presque toujours au tiret ; quand tu lis une traduction, tu vois souvent les guillemets de la langue d'origine.

Définition : le discours direct et le discours indirect (2026-2027)

Rapporter des paroles, c'est raconter ce que quelqu'un a dit. Le français le fait de deux façons. Au discours DIRECT, on cite : un verbe de parole, deux-points, des guillemets, et les mots du personnage tels qu'il les a prononcés — « Il dit : « Je pars demain. » ». On l'entend parler. Au discours INDIRECT, on rapporte : les paroles passent dans une proposition subordonnée introduite par « que », par « si » ou par un mot interrogatif, sans guillemets ni deux-points — « Il dit qu'il part le lendemain. ». C'est le narrateur qui parle à sa place. Le passage de l'un à l'autre n'est jamais un simple changement de ponctuation : le pronom se déplace (« je » devient « il »), le temps recule (le présent devient imparfait, le futur devient conditionnel), et les repères de temps se recalculent depuis le récit (« demain » devient « le lendemain »).

Ildit:«Jeparsdemain.»verbe de paroleparoles citéesLes mots du personnage,tels quels.
Ilditqu'ilpartlelendemain.verbe de paroleproposition subordonnéeNi deux-points, niguillemets.
Les mêmes paroles, deux fois. En haut, le discours direct : deux-points, puis un groupe entier ouvert et fermé par des guillemets — ils sont en relief parce qu'ils sont le signal. En bas, le discours indirect : les guillemets ont disparu, et c'est « qu' » qui ouvre la parole. Ce qui était une citation est devenu une proposition subordonnée.

Propriétés : le discours direct et le discours indirect (2026-2027)

Au direct, on entend le personnage

Deux-points, guillemets, et ses mots sans une retouche : la parole est citée.

Ildit:«Jeparsdemain.»verbe de paroleparoles citéesLes mots du personnage,tels quels.

À l'indirect, c'est le narrateur qui rapporte

Les paroles deviennent une subordonnée, ouverte par « que », « si » ou un mot interrogatif.

Ilditqu'ilpartlelendemain.verbe de paroleproposition subordonnéeNi deux-points, niguillemets.

Au passage, le pronom et le temps bougent

« Je suis fatigué » devient « qu'il était fatigué » : deux changements obligatoires.

Ildit:«Jesuisfatigué.»paroles citées« Je », et le présent.
Ilditqu'ilétaitfatigué.proposition subordonnée« il », et l'imparfait.

Le verbe de parole dit aussi comment on parle

« murmura », « s'indigna », « cria » : il annonce la parole et la colore d'un coup.

Ilmurmura:«C'estfini.»verbe de paroleparoles citéesIl dit AUSSI comment onparle.

Le verbe peut passer derrière les paroles

Il forme alors une incise, et son sujet passe derrière lui : « répondit-elle ».

«Jenesaispas»,répondit-elle.paroles citéesinciseLe verbe derrière, lesujet après lui.
«Attends-moi!»cria-t-il.paroles citéesinciseLe point d'exclamationreste dedans.

La formule : le discours direct et le discours indirect (2026-2027)

Le test qui tranche, en trois secondes.

des guillemets ? sinon : quel petit mot ouvre la suite ?

S'il y a des guillemets — ou un tiret en début de ligne —, les paroles sont citées : c'est du discours direct. S'il n'y en a pas, cherche le mot qui ouvre ce qui suit le verbe de parole : « que », « si », « qui », « pourquoi ». C'est une proposition subordonnée, donc du discours indirect. Et si le verbe de parole est placé APRÈS les paroles, c'est une incise : le sujet passe derrière lui, relié par un trait d'union.

Ildit:«Jeparsdemain.»verbe de paroleparoles citéesLes mots du personnage,tels quels.
Ilditqu'ilpartlelendemain.verbe de paroleproposition subordonnéeNi deux-points, niguillemets.

Méthode : le discours direct et le discours indirect (2026-2027)

1. Je cherche les guillemets

S'ils y sont, ou un tiret en début de ligne, les paroles sont citées : c'est du direct.

Ildit:«Jeparsdemain.»verbe de paroleparoles citéesLes mots du personnage,tels quels.
Ilditqu'ilpartlelendemain.verbe de paroleproposition subordonnéeNi deux-points, niguillemets.

2. Je regarde ce qui a bougé

Pronom, temps du verbe, indication de temps : au discours indirect, les trois se déplacent.

Ildit:«Jesuisfatigué.»paroles citées« Je », et le présent.
Ilditqu'ilétaitfatigué.proposition subordonnée« il », et l'imparfait.

3. Je place la ponctuation d'après le verbe de parole

Devant les paroles : deux-points puis guillemets. Derrière : une incise, sujet inversé.

Ilmurmura:«C'estfini.»verbe de paroleparoles citéesIl dit AUSSI comment onparle.
«Jenesaispas»,répondit-elle.paroles citéesinciseLe verbe derrière, lesujet après lui.

Selon ce que l'on cherche : le discours direct et le discours indirect (2026-2027)

Faire entendre un personnage

« Il murmura : « C'est fini. » » : le lecteur entend la voix, et le verbe lui dit sur quel ton.

Ilmurmura:«C'estfini.»verbe de paroleparoles citéesIl dit AUSSI comment onparle.

Résumer ce qui a été dit

« Il dit qu'il part le lendemain » : on garde l'information et on abandonne les mots exacts.

Ilditqu'ilpartlelendemain.verbe de paroleproposition subordonnéeNi deux-points, niguillemets.

Écrire un dialogue

« — Tu viens ? demanda-t-elle. » : chaque nouvelle prise de parole va à la ligne, avec son tiret.

Tuviens?demanda-t-elle.prise de paroleinciseUn tiret : quelqu'und'autre parle.

Exemples corrigés : le discours direct et le discours indirect (2026-2027)

Le verbe de parole est devant

« Le maitre annonça : « Le contrôle est reporté. » »

Quelle ponctuation la phrase demande-t-elle ?

Lemaitreannonça:«Lecontrôleestreporté.»verbe de paroleparoles citéesVerbe devant :deux-points, puisguillemets.

Deux-points, puis un guillemet ouvrant, puis les paroles, puis le point, puis le guillemet fermant. L'ordre est toujours le même quand le verbe de parole précède : il annonce, les deux-points ouvrent, les guillemets encadrent. Le point final se met À L'INTÉRIEUR, parce qu'il termine la phrase du personnage et non celle du narrateur — c'est l'erreur la plus fréquente de tout le chapitre.

Les mêmes paroles, rapportées

« Le maitre annonça que le contrôle était reporté. »

Qu'est-ce qui a disparu, et qu'est-ce qui a changé ?

Lemaitreannonçaquelecontrôleétaitreporté.verbe de paroleproposition subordonnée« que », et le présentpasse à l'imparfait.

Les deux-points et les deux guillemets ont disparu ; « que » les remplace et ouvre une proposition subordonnée. Et le verbe a reculé d'un temps : « est reporté » devient « était reporté ». Ce recul n'est pas facultatif — le récit est au passé (« annonça »), donc tout ce qui est rapporté se règle sur lui. Compare les deux dessins : le groupe des paroles n'a pas changé de place, il a changé de nature.

La question qui perd son point

« Elle demanda : « Qui a ouvert la porte ? » » puis « Elle demanda qui avait ouvert la porte. »

Pourquoi le point d'interrogation disparaît-il ?

Elledemanda:«Quiaouvertlaporte?»verbe de paroleparoles citéesLa question est citéetelle quelle.
Elledemandaquiavaitouvertlaporte.verbe de paroleproposition subordonnéeLe point d'interrogationa disparu.

Parce qu'au discours indirect, la phrase n'est plus une question : c'est une phrase déclarative qui CONTIENT une question. On ne demande rien au lecteur, on raconte que quelqu'un a demandé. Le mot interrogatif « qui » reste, parce qu'il sert maintenant à ouvrir la subordonnée ; le signe, lui, s'en va, et le point final est un point ordinaire. Même chose avec « Viendras-tu avec nous ? », qui devient « Elle demanda s'il viendrait avec eux. » : le mot interrogatif est remplacé par « si », et le futur recule au conditionnel.

Où se ferme le guillemet ?

« « Je ne sais pas », répondit-elle. » et « — Tu viens ? demanda-t-elle. »

Que fait le verbe de parole quand il passe derrière ?

«Jenesaispas»,répondit-elle.paroles citéesinciseLe verbe derrière, lesujet après lui.
Tuviens?demanda-t-elle.prise de paroleinciseUn tiret : quelqu'und'autre parle.

Il devient une INCISE : il se détache par une virgule, et son sujet passe derrière lui, relié par un trait d'union — « répondit-elle », « demanda-t-elle ». Le guillemet, lui, se ferme après la dernière parole du personnage, JAMAIS après l'incise : celle-ci appartient au narrateur. Dans un dialogue, le tiret de début de ligne remplace le guillemet ouvrant, et il n'a pas de fermeture : c'est le retour à la ligne suivant qui fait le travail.

Le défi

« « Attends-moi ! » cria-t-il. » puis « Il cria de l'attendre. »

Pourquoi l'ordre ne reste-t-il pas un ordre ?

«Attends-moi!»cria-t-il.paroles citéesinciseLe point d'exclamationreste dedans.
Ilcriadel'attendre.verbe de paroleparoles rapportéesL'ordre devient uninfinitif.

Parce qu'un impératif ne peut pas entrer dans une subordonnée. Au direct, le personnage donne un ordre : « Attends-moi ! », avec son point d'exclamation à l'intérieur des guillemets. À l'indirect, le narrateur ne donne aucun ordre : il raconte qu'un ordre a été donné. L'impératif se transforme donc en INFINITIF, introduit par « de » — « il cria de l'attendre » —, le pronom « moi » devient « l' », et le point d'exclamation disparaît avec les guillemets. C'est la transformation la plus complète des sept paires de la banque : quatre choses changent à la fois.

Pièges à éviter : le discours direct et le discours indirect (2026-2027)

  • Poser le point final à l'extérieur des guillemets. Les paroles citées emportent leur ponctuation avec elles : on écrit « Il murmura : « C'est fini. » », le point AVANT le guillemet fermant.
  • Garder les guillemets au discours indirect. « Il dit qu'il part le lendemain » n'en prend aucun, ni deux-points : les paroles sont devenues une proposition subordonnée.
  • Oublier de changer le pronom et le temps. « Je suis fatigué » devient « qu'IL ÉTAIT fatigué » : deux transformations obligatoires, et « demain » devient « le lendemain ».
  • Fermer le guillemet après l'incise. Dans « « Je ne sais pas », répondit-elle. », le guillemet se ferme après la dernière parole — l'incise appartient au narrateur, pas au personnage.

À retenir : le discours direct et le discours indirect (2026-2027)

  • Au discours DIRECT, on entend le personnage : deux-points, guillemets, et ses mots tels qu'il les a dits.
  • Au discours INDIRECT, c'est le narrateur qui rapporte : une proposition subordonnée, sans guillemets — et le pronom, le temps et l'indication de temps se déplacent.
  • Dans un dialogue, chaque nouvelle prise de parole va à la ligne, précédée d'un tiret ; quand le verbe de parole suit les paroles, il forme une incise et son sujet passe derrière lui.

Exercices corrigés : le discours direct et le discours indirect (2026-2027)

  1. 1. « « Viendras-tu avec nous ? » demanda-t-elle. » Direct ou indirect ?

    Voir la correction

    Direct. Les paroles sont citées entre guillemets, avec leur point d'interrogation, et le verbe de parole les suit en incise — sujet inversé, trait d'union.

  2. 2. Mets au discours indirect : « « Je ne sais pas », répondit-elle. »

    Voir la correction

    « Elle répondit qu'elle ne savait pas. » Les guillemets tombent, « que » ouvre la subordonnée, « je » devient « elle », et le présent « sais » recule à l'imparfait « savait ». Le verbe de parole reprend sa place devant, avec son sujet dans l'ordre normal.

  3. 3. « Elle se demanda si elle avait bien fermé la porte. » Comment les paroles sont-elles rapportées ?

    Voir la correction

    Au discours indirect. La question intérieure est intégrée dans une subordonnée introduite par « si », sans guillemets. Au direct, on écrirait : « Elle se demanda : « Ai-je bien fermé la porte ? » »

  4. 4. Quel verbe de parole indique que celui qui parle proteste : murmurer, chuchoter, répéter ou s'indigner ?

    Voir la correction

    « S'indigner ». Le verbe introducteur ne sert pas qu'à annoncer : il colore la parole. « S'indigner » dit à la fois qu'on parle et qu'on n'accepte pas. « Murmurer » et « chuchoter » disent le volume, « répéter » dit qu'on redit.

  5. 5. Défi : mets au discours indirect « Il dit : « Je suis fatigué. » »

    Voir la correction

    « Il dit qu'il était fatigué. » Deux changements obligatoires, et pas un de plus : le pronom « je » devient « il », et le présent « suis » passe à l'imparfait « était » puisque le récit est au passé. Attention aux fausses réponses : « qu'il est fatigué » oublie le temps, « que je suis fatigué » oublie le pronom, et « : qu'il était fatigué » garde des deux-points qui n'ont plus rien à annoncer.

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