L'accord du participe passé (2026-2027) — cours de français 5e
« Tu m'as parlé. » « Tu m'as appelée. » Même pronom, même auxiliaire, quatre mots chacune — et pourtant l'une s'accorde et l'autre non. Le programme donne cette paire comme exemple : tout l'accord du participe passé tient dans la différence entre les deux.
À quoi ça sert : l'accord du participe passé (2026-2027)
C'est la faute qui se voit le plus dans un message, une lettre ou une copie — et c'est celle qu'un correcteur relève en premier, parce qu'elle se corrige sans dictionnaire. « Merci, je les ai bien reçus » ou « reçu » ? Le COD « les » est devant : « reçus ». « Je vous ai écrit hier » ne prend rien : on écrit À quelqu'un. Trois secondes de raisonnement, et la phrase est juste — c'est exactement ce que le programme appelle « justifier son accord ».
Un peu d'histoire : l'accord du participe passé (2026-2027)
La règle du COD placé avant vient d'un poète du XVIe siècle, Clément Marot, qui l'a formulée en observant l'italien. Avant lui, l'usage hésitait : on accordait ou non selon l'oreille. Marot en a fait deux vers, et l'Académie française l'a inscrite au XVIIe. Elle a été contestée dès le siècle suivant — et elle l'est encore : la Belgique a autorisé en 2018 de ne plus l'appliquer à l'école. En France, elle reste au programme : ce qu'on apprend ici est une décision de poète, vieille de cinq cents ans.
Définition : l'accord du participe passé (2026-2027)
Un temps composé s'écrit en deux parties : un auxiliaire — être ou avoir — et un participe passé. C'est l'AUXILIAIRE qui dit avec quoi le participe s'accorde. Avec être, il s'accorde avec le sujet, toujours : « elle est partie », « les barques sont rentrées ». Avec avoir, il ne regarde jamais le sujet : il cherche le complément d'objet direct, et il ne s'accorde que si celui-ci est placé AVANT le verbe. Reste le piège que le programme nomme : un pronom placé devant n'est pas forcément un COD. « Je les ai rencontrés » s'accorde, « je leur ai parlé » non — parce qu'on parle À quelqu'un.
Propriétés : l'accord du participe passé (2026-2027)
Avec être, on regarde le sujet
Le participe prend le genre et le nombre du sujet, sans condition. C'est le cas simple, et le seul qui n'ait pas d'exception.
Avec avoir, on cherche le COD
Le participe ne regarde jamais le sujet. Il cherche le complément d'objet direct — et il se peut qu'il n'y en ait pas.
Tout dépend de la place du COD
Placé après le verbe : rien ne bouge. Placé avant : le participe s'accorde avec lui.
« que » est un COD placé avant
Dans « la route que nous avons suivie », « que » reprend « la route » et se trouve devant : l'accord se fait.
Un COI ne commande jamais
« leur », « lui », « en » ne sont pas des COD. On parle À quelqu'un, on écrit À quelqu'un : le participe ne bouge pas.
La formule : l'accord du participe passé (2026-2027)
La question qui décide, dans l'ordre.
être ou avoir ? puis : où est le COD ?
Avec être, on s'arrête là : accord avec le sujet. Avec avoir, on cherche le COD en posant « qui ? » ou « quoi ? » au verbe. S'il n'y en a pas, ou s'il est placé après, le participe ne bouge pas. S'il est placé avant, on accorde avec lui — et on vérifie que c'en est bien un, pas un COI.
Méthode : l'accord du participe passé (2026-2027)
1. Je regarde l'auxiliaire
Être : j'accorde avec le sujet, et c'est fini. Avoir : je continue, car le sujet ne compte pas.
2. Je pose la question au verbe
« qui ? » ou « quoi ? » sans petit mot : c'est un COD. Avec « à » ou « de » : c'est un COI, et il ne commande rien.
3. Je regarde où il est
Le COD est-il avant ou après le verbe ? Avant : j'accorde avec lui. Après : je ne touche à rien.
Selon ce que l'on cherche : l'accord du participe passé (2026-2027)
Raconter un déplacement
« Elle est partie », « nous sommes descendus » : ces verbes se conjuguent avec être, donc accord avec le sujet.
Dire ce qu'on a fait
« Nous avons suivi la route », « tu as chanté deux chansons » : le complément suit, rien ne s'accorde.
Reprendre ce dont on parlait
« Les clés, elle les a perdues » : on met le complément en tête, et le participe s'accorde avec lui.
Exemples corrigés : l'accord du participe passé (2026-2027)
Avec être, le sujet suffit
« Les barques sont rentré… au port. »
Quelle forme prend le participe ?
« rentrées ». L'auxiliaire est « être », donc l'accord se fait avec le sujet — « les barques », féminin pluriel. Rien d'autre n'entre en jeu : ni la place d'un complément, ni la question posée au verbe. C'est le seul cas de la fiche qui n'ait aucune condition, et c'est pour cela qu'on le voit en premier.
La même phrase, dans les deux sens
« Elle a perdu ses clés dans le sable. » puis « Les clés, elle les a perdu… dans le sable. »
Pourquoi le participe change-t-il de forme ?
Parce que le COD a changé de place. Dans la première, on demande « elle a perdu quoi ? » — ses clés, et le groupe est APRÈS le verbe : le participe reste « perdu ». Dans la seconde, « les » reprend « les clés » et se trouve AVANT : le participe s'accorde avec lui, « perdues ». Le verbe est le même, le sens est le même, seule la place a bougé — et c'est elle qui commande.
« que » est un complément d'objet
« La route que nous avons suivi… était longue. »
Faut-il accorder, et avec quoi ?
Oui, avec « la route » : « suivie ». Le mot « que » n'est pas un simple mot de liaison — c'est un pronom relatif, et il occupe ici la fonction de COD : on suit QUOI ? « que », c'est-à-dire la route. Il est placé devant le verbe, donc l'accord se fait. C'est le cas le plus souvent manqué, parce qu'on ne voit pas « que » comme un complément.
Le pronom qui ne commande pas
« Les élèves, je leur ai parlé hier. » puis « Les élèves, je les ai rencontré… hier. »
Pourquoi une seule des deux s'accorde-t-elle ?
Parce que les deux verbes ne se construisent pas pareil. On parle À quelqu'un : « leur » est un complément d'objet INDIRECT, et un COI ne commande jamais l'accord — « parlé » reste invariable. On rencontre quelqu'un, sans préposition : « les » est un complément d'objet DIRECT, placé avant le verbe, donc « rencontrés ». Le test tient en une question posée au verbe : « à qui ? » ou « qui ? ».
Le défi
« Tu m'as parlé. » et « Tu m'as appelée. »
Le même « m' », et deux accords différents : pourquoi ?
Parce que « parler » demande un COI et « appeler » un COD. Dans la première, on parle À moi : « m' » est indirect, le participe ne bouge pas. Dans la seconde, on appelle moi : « m' » est direct, placé avant le verbe, et le participe s'accorde avec la personne qu'il désigne — « appelée » si c'est une femme qui parle. Le programme donne exactement cette paire comme exemple de réussite, et demande à l'élève de « justifier à l'oral ou à l'écrit la différence d'accord ». C'est le contraire d'une règle à réciter : c'est un raisonnement à dire.
Pièges à éviter : l'accord du participe passé (2026-2027)
- Accorder avec le sujet quand l'auxiliaire est « avoir ». « Elle a perdu ses clés » : le participe ne regarde pas « elle », il cherche un COD — et celui-ci est placé après.
- Croire qu'avec « avoir » on n'accorde jamais. Si le COD est placé AVANT le verbe, on accorde : « Les clés, elle les a perdues ».
- Oublier que « que » est un COD. Dans « la route que nous avons suivie », « que » reprend « la route » et se trouve devant le verbe : l'accord se fait.
- Accorder avec un pronom qui n'est pas un COD. « Je leur ai parlé » ne s'accorde pas : on parle À quelqu'un, « leur » est un COI. C'est le piège que le programme nomme expressément.
À retenir : l'accord du participe passé (2026-2027)
- Avec ÊTRE, le participe s'accorde avec le SUJET : « elle est partie », « les barques sont rentrées ».
- Avec AVOIR, il ne regarde jamais le sujet. Il cherche le COD — et il ne s'accorde que si celui-ci est placé AVANT le verbe.
- Un COI placé avant ne commande jamais l'accord : « je leur ai parlé », « je lui ai écrit ». On parle À quelqu'un, on écrit À quelqu'un.
Exercices corrigés : l'accord du participe passé (2026-2027)
1. « Ma sœur est tombé… dans l'escalier. »
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« tombée ». L'auxiliaire est être : on accorde avec le sujet « ma sœur », féminin singulier. Aucune autre question à se poser.
2. « Tu as pris… de très belles photos. » puis « Les photos que tu as pris… sont très belles. »
Voir la correction
« pris » puis « prises ». Dans la première, le COD « de très belles photos » est après le verbe : rien ne bouge. Dans la seconde, « que » reprend « les photos » et se trouve devant : on accorde.
3. « La lettre a été envoyé… hier matin. »
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« envoyée ». « a été envoyée » est une forme passive, construite avec être : on accorde avec le sujet « la lettre », féminin singulier.
4. « Ma sœur, je lui ai écrit… la semaine dernière. »
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« écrit », invariable. On écrit À quelqu'un : « lui » est un COI, et un COI ne commande jamais l'accord — même placé avant le verbe.
5. Défi : « Ma sœur, je l'ai vu… passer devant le portail. »
Voir la correction
« vue ». On voit quelqu'un, sans préposition : « l' » reprend « ma sœur », c'est un COD placé avant le verbe. Compare avec l'exercice précédent : même sœur, même position du pronom, et pourtant l'un s'accorde et l'autre non — c'est la construction du verbe qui décide.
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