Les fonctions dans la phrase — 5e (2026-2027)
« Il reste inquiet » et « il reste à la maison » : le même verbe, la même place, et deux fonctions qui n'ont rien à voir. En 5e, on ne devine plus une fonction — on la prouve, par un geste sur la phrase.
À quoi ça sert ?
C'est ce qui décide de l'orthographe au moment où l'on écrit. « La mer paraissait calme » ne prend pas de « s », « les mers paraissaient calmes » en prend deux — parce que « calme » est un attribut, accordé avec le sujet. Et savoir si un pronom placé devant le verbe est COD ou COI, c'est exactement ce qui sépare « tu m'as parlé » de « tu m'as appelée » : un accord de participe passé qui se voit dans un message, un devoir, une lettre de motivation.
Un peu d'histoire
Le mot « complément » vient du latin complere, « remplir » : le complément remplit ce que le verbe laisse en attente. « Attribut » vient d'attribuere, « donner en partage » : on attribue une qualité au sujet. Et « circonstance » vient de circumstare, « se tenir autour » — le complément circonstanciel se tient AUTOUR de l'action, il n'est pas dedans. Les trois noms disent déjà les trois gestes : remplir, attribuer, entourer. C'est pour cela que le circonstanciel se déplace : ce qui se tient autour peut faire le tour.
Définition : les fonctions dans la phrase — 5e (2026-2027)
La fonction d'un groupe, c'est le rôle qu'il joue dans SA phrase — et le même mot change de fonction d'une phrase à l'autre. Le complément d'objet complète le verbe : direct s'il s'y rattache sans préposition, indirect s'il en passe par une (« à », « de »). L'attribut du sujet, lui, ne complète pas le verbe : il dit ce que le sujet EST, et il s'accorde avec lui. Le complément circonstanciel, enfin, n'appartient pas au verbe : il donne la circonstance — où, quand, pourquoi, comment — et c'est pour cela qu'il se déplace et se supprime sans casser la phrase.
Propriétés : les fonctions dans la phrase — 5e (2026-2027)
Direct ou indirect ?
Rien entre le verbe et le groupe : direct. Une préposition s'intercale : indirect. Un verbe peut porter les deux.
Le pronom peut être devant
« Il m'entend » : un COD placé avant le verbe. « Je te parle » : un COI. La place ne dit rien, la question tout.
L'attribut s'accorde avec le sujet
C'est la preuve qu'on peut montrer : change le genre ou le nombre du sujet, l'attribut suit — un COD, jamais.
Certains verbes sont attributifs par occasion
« partir », « tomber », « rester » ne sont pas des verbes d'état, et ils introduisent pourtant un attribut.
Le circonstanciel se déplace et se supprime
Il n'appartient pas au verbe : on le retire, la phrase tient. On retire un complément d'objet, elle boite.
La formule
Le test qui sépare l'attribut de tout le reste, même sur un verbe inconnu.
le verbe peut-il devenir « être » ?
« Il reste inquiet » → « il est inquiet » : la phrase dit la même chose, donc « inquiet » est un attribut. « Il reste à la maison » → « il est à la maison » : ce n'est plus la même information, donc « à la maison » n'est pas un attribut. Le document d'accompagnement du programme en fait un exemple de réussite : c'est la manipulation attendue en 5e.
Méthode : les fonctions dans la phrase — 5e (2026-2027)
1. Je pose la question au verbe
« quoi ? qui ? » sans petit mot : COD. « à qui ? de quoi ? » avec une préposition : COI.
2. J'essaie de déplacer et de supprimer
Si le groupe part en tête de phrase et se retire sans casser la phrase, c'est un complément circonstanciel.
3. Je remplace le verbe par « être »
Si la phrase garde le même sens, le verbe est attributif et ce qui suit est un attribut du sujet.
Selon ce que l'on cherche
Dire OÙ
Le circonstanciel de lieu répond à « où ? » : « Ils avancèrent le long du récif. »
Dire QUAND
Celui de temps répond à « quand ? » : « Nous partirons dès l'aube. »
Dire POURQUOI, dire COMMENT
La cause répond à « pourquoi ? », la manière à « comment ? » — les deux derniers que le programme nomme.
Exemples corrigés
Direct ou indirect ?
« Le pêcheur répare son filet. » puis « Elle pense à son frère resté au port. »
Quelle est la fonction du groupe qui suit le verbe, dans chaque phrase ?
On pose la question au verbe. « Répare quoi ? » son filet : rien ne s'intercale, c'est un complément d'objet direct. « Pense à qui ? » à son frère : la préposition « à » est là, c'est un complément d'objet indirect. On vérifie ensuite qu'aucun des deux ne se déplace — « Son filet, le pêcheur répare » ne se dit pas : ce ne sont donc pas des circonstanciels.
Les deux dans la même phrase
« Tom raconte son voyage à la classe. »
Quels sont les deux compléments d'objet, et lequel est indirect ?
« Raconte quoi ? » son voyage : complément d'objet direct. « Raconte à qui ? » à la classe : complément d'objet indirect. Le verbe « raconter » se construit avec les deux — « raconter quelque chose à quelqu'un » —, et c'est cette construction qu'on retient avec le verbe, pas les fonctions à part.
Le complément placé avant le verbe
« Il m'entend. » et « Je te parle. »
« m' » et « te » ont-ils la même fonction ?
Non. On remet le groupe à sa place : « Il entend moi » → « Il entend QUI ? » sans préposition, donc « m' » est un complément d'objet direct. « Je parle à toi » → « Je parle À QUI ? », donc « te » est un complément d'objet indirect. Les deux pronoms sont au même endroit et se ressemblent : seule la construction du verbe les sépare. C'est cette distinction qui commandera l'accord du participe passé.
La preuve par l'accord
« La mer paraissait calme ce matin-là. »
Pourquoi « calme » est-il un attribut du sujet ?
Parce qu'il s'accorde avec « la mer ». On met le sujet au pluriel : « Les mers paraissaient calmes » — le groupe suit. Un complément d'objet ne bougerait pas : dans « Le pêcheur répare son filet », mettre « les pêcheurs » ne change rien à « son filet ». L'accord est le test le plus sûr entre les deux.
Un groupe qui ne tient pas au verbe
« Nous partirons dès l'aube. »
« dès l'aube » complète-t-il le verbe ?
Non. On le déplace : « Dès l'aube, nous partirons » — la phrase tient. On le supprime : « Nous partirons » — elle tient encore. Un complément d'objet ne supporte ni l'un ni l'autre. C'est donc un complément circonstanciel, ici de temps, et il répond à « quand ? ».
Le défi
« Il reste inquiet. » et « Il reste à la maison. »
Le verbe « rester » introduit-il un attribut dans les deux phrases ?
Non, et la liste des verbes d'état ne peut pas le dire — c'est le même verbe. On remplace par « être ». « Il est inquiet » : même sens, donc « inquiet » est un attribut du sujet, et il s'accorde (« elle reste inquiète »). « Il est à la maison » : ce n'est plus la même information, et le groupe se déplace (« À la maison, il reste ») — c'est un complément circonstanciel de lieu. Un verbe n'est pas attributif une fois pour toutes : il l'est dans une phrase donnée.
Pièges à éviter
- Croire que tout ce qui suit le verbe est un complément d'objet. Après un verbe attributif, c'est un attribut du sujet — et il s'accorde avec le sujet, ce qu'un complément d'objet ne fait jamais.
- Oublier que le complément d'objet peut être DEVANT le verbe. Dans « Il m'entend », « m' » est un COD ; dans « Je te parle », « te » est un COI. La place ne donne pas la fonction : c'est la question posée au verbe qui la donne.
- Réciter la liste « être, paraître, sembler, devenir, rester » et s'arrêter là. « Ils partirent confiants » a bien un attribut, et « partir » n'est dans aucune liste.
- Prendre « il reste à la maison » pour un attribut parce que le verbe est « rester ». Ici « à la maison » se déplace et se supprime : c'est un complément circonstanciel de lieu.
À retenir
- Une fonction se PROUVE par une manipulation : je pose la question au verbe, je déplace, je supprime, je remplace par un pronom.
- Complément d'objet direct sans préposition, indirect avec — et l'un comme l'autre peut se placer avant le verbe sous la forme d'un pronom.
- L'attribut s'accorde avec le sujet, et le verbe qui l'introduit se remplace par « être ». Le circonstanciel, lui, se déplace et se supprime.
Exercices corrigés : les fonctions dans la phrase — 5e (2026-2027)
1. « Les élèves écoutent la consigne. » Fonction de « la consigne » ?
Voir la correction
Complément d'objet direct. « Écoutent quoi ? » la consigne, sans préposition. Et le groupe ne se déplace pas : « La consigne, les élèves écoutent » ne se dit pas.
2. « Elle obéit à ses parents sans discuter. » Fonction de « à ses parents » ?
Voir la correction
Complément d'objet indirect. « Obéit à qui ? » — la préposition « à » s'intercale. Le verbe « obéir » se construit toujours ainsi : on obéit À quelqu'un.
3. « Ce garçon est mon voisin. » Pourquoi « mon voisin » n'est-il pas un COD ?
Voir la correction
Parce que « mon voisin » et « ce garçon » désignent la MÊME personne, et que le verbe est « être ». C'est un attribut du sujet. Un complément d'objet désignerait autre chose que le sujet.
4. « Il posa la caisse sans un bruit. » Fonction de « sans un bruit » ?
Voir la correction
Complément circonstanciel de manière : il répond à « comment ? ». Il se déplace (« Sans un bruit, il posa la caisse ») et se supprime. Attention, « la caisse » est bien le COD, lui.
5. Défi : « Il tomba malade au mois de janvier. » Combien de fonctions après le verbe, et lesquelles ?
Voir la correction
Deux. « malade » est un attribut du sujet : on remplace par « être » — « il était malade » — et le mot s'accorde (« elle tomba malade »). « au mois de janvier » est un complément circonstanciel de temps : il se déplace et se supprime. Le verbe « tomber » est ici employé de façon attributive, alors qu'il ne figure dans aucune liste de verbes d'état.
📚 Révise cette fiche en flashcards
Connecte-toi pour retourner cette fiche en cartes de rappel actif — et garder ta progression.
Se connecter